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Journée d'étude | Diglossie et bilinguisme en Équateur : les défis de l’éducation interculturelle bilingue

Evènement | le 14 septembre 2018

Le Centre d'Etudes Linguistiques (CEL - EA 1663) de la Faculté des Langues organise en collaboration avec le Centre d’Études Équatoriennes (EA 369) de l'Université Paris-Nanterre une journée d'étude "Diglossie et bilinguisme en Équateur : les défis de l’éducation interculturelle bilingue", qui se tiendra à l'Université Jean Moulin Lyon 3 le vendredi 14 septembre 2018.

Description

 

En Équateur la reconnaissance des héritages linguistiques dits autochtones est tardive, en raison du poids culturel et institutionnel du modèle de nation défini par les élites criollas qui proclament l’indépendance en 1830. Ce modèle de nation est à l’origine de représentations solidement ancrées dans l’imaginaire collectif, dont les institutions éducatives notamment deviennent les relais. Cette représentation uniculturelle de l’identité collective – l’équatorianité –, d’une part, et de la mémoire officielle (« l’histoire-mémoire » dirait Pierre Nora) qui lui est attachée, d’autre part, s’est prolongée depuis 1830 jusque dans les années 1960.

Cette journée d’étude internationale mettra en exergue les facteurs qui ont permis, dans ce contexte, la mise en place progressive de l’éducation bilingue interculturelle (ou EIB) durant la seconde moitié du XXe siècle. Nous reviendrons également sur les étapes les plus récentes, avec, d’abord, en 1983, la modification de la Constitution sous la présidence de Rodrigo Borja, puis, en 1988, l’émission du décret 203 réformant la Loi de l’Éducation et la création de la DINEIB (Dirección Nacional de Educación Intercultural Bilingüe), enfin, en 2008, l’officialisation du kichwa et du shuar en tant que langues de « relación intercultural ». Ces réformes successives impliquent que le système éducatif national intègre désormais une vision interculturelle, en accord avec la diversité géographique, culturelle et linguistique (art. 343 de la Constitution).

Il s’agira d’étudier également les évolutions de l’EIB sur le territoire équatorien, depuis ces dernières années, par le biais d’études de cas. En effet, il semble exister des inflexions dans la politique publique éducative, qui tendent à redéfinir les compétences des communautés indiennes en termes d’enseignement interculturel bilingue. Peu étudiées, ces inflexions sont pourtant déterminantes pour comprendre la place réellement dévolue à l’enseignement des langues des populations dites autochtones au sein du système éducatif national.

Ces analyses nous permettront de dresser un premier bilan de la mise en place de l’EIB. Nous nous efforcerons d’identifier les réussites et les avancées en termes de préservation et de transmission des héritages linguistiques des peuples autochtones, mais également les limites de cette transmission, notamment – mais pas exclusivement – parmi les groupes ethniques non-‘indiens’ de la région côtière (e.g. afro-équatoriens, cholos et montubios).

Cette journée privilégiera une approche pluridisciplinaire, complémentaire et transversale, en invitant des enseignants-chercheurs et chercheurs en linguistique, sociolinguistique, sciences de l’éducation et histoire.

Les questions suivantes seront abordées, sans que cette liste ne soit restrictive ou exhaustive :
 
  • Qu’est-ce que le bilinguisme et l’interculturalité quand ils sont associés, comme dans le cas équatorien, à une même notion : le « bilinguisme interculturel » ? Quelles acceptions, notamment au niveau de la législation ?
  • Comment l’EIB peut-elle/doit-elle préserver un héritage culturel et linguistique menacé d’une part, pour le transmettre aux générations futures d’autre part ?
  • Dans l’EIB, quelles sont les interactions entre les acteurs de l’éducation ? Quelle est la langue utilisée ? Dans quels contextes ?
  • Quel est le premier bilan des réformes éducatives et institutionnelles mises en place depuis l’élection du président Rafael CORREA en 2007 et l’émission d’une nouvelle Constitution en 2008 ? Quel impact sur l’EIB ?
  • Quelle est la place des langues et des cultures des nationalités et peuples de l’Équateur dans le discours scolaire sur l’histoire nationale comme mémoire collective équatorienne ?
  • Dans quelle mesure l’EIB contribue-t-elle à une dynamique de (re)constitution d’une mémoire alternative à la mémoire officielle du roman national, mise en place par l’État-nation depuis l’indépendance ? Y a-t-il émergence/affirmation de « contre-mémoires » ?

Langue des communications : français, espagnol et anglais.

 

Comité d’organisation

  • Germain IVANOFF-TRINADTZATY, Université Jean Moulin Lyon 3
  • David MACIAS BARRÉS, Université Jean Moulin Lyon 3
  • Julie PONTVIANNE, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
  • Emmanuelle SINARDET, Université Paris-Nanterre


Comité scientifique

  • Lucile BORDET, Université Jean Moulin – Lyon 3
  • Denis JAMET, Université Jean Moulin – Lyon 3
  • David MACIAS BARRES, Université Jean Moulin – Lyon 3
  • Alexandra ODDO, Université Paris – Nanterre
  • Mercè PUJOL-BERCHÉ, Université Paris – Nanterre
  • Emmanuelle SINARDET, Université Paris – Nanterre

INFOS PRATIQUES

Lieu

Salle 323
Université Jean Moulin Lyon 3
Manufacture des Tabacs
6 cours Albert Thomas
Lyon 8e
 

Contact

David MACIAS BARRES

Type

Colloque / Séminaire

Thématique

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