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Domaine 2. Expressivités discursives

Affects, attitudes et positionnements


Pilote PR : Denis Jamet-Coupé (anglais et français)
Pilote MCF : Angelina Biktchourina (russe)
Pilote doctorante : Aure Espilondo (anglais)

Ce domaine de recherche s'attache à l'étude des expressivités discursives, entendues comme l’ensemble des procédés linguistiques et paralinguistiques par lesquels les locuteurs-trices manifestent des affects, des attitudes, des jugements de valeur et des positionnements énonciatifs (connus sous le terme de stance en anglais). L’objectif est de dégager comment la subjectivité s’inscrit dans les productions langagières, qu’elles soient orales ou écrites, spontanées ou codifiées, à travers une diversité de genres discursifs (discours médiatiques, politiques, littéraires, numériques, institutionnels, etc.).

L’analyse porte ainsi sur les marques linguistiques de la subjectivité, telles que les modalisateurs, les adjectifs évaluatifs, les adverbes, les interjections, les constructions syntaxiques expressives, les stratégies de focalisation ou encore les procédés rhétoriques (métaphore, métonymie, euphémisme, etc.). Elle mobilise les outils de la linguistique énonciative, de la pragmatique, de l’analyse du discours, de la linguistique cognitive et de la linguistique de corpus pour étudier comment les locuteurs-trices construisent et négocient leurs postures affectives et évaluatives lors d’interactions orales et/ou écrites.

Ce champ explore également les liens entre expressivité et performativité du discours, en s'intéressant à la manière dont les émotions, attitudes et jugements exprimés influencent les effets pragmatiques du discours, notamment en termes de persuasion, de manipulation, de polémique ou de construction de l’identité. La perspective adoptée peut être diachronique, synchronique ou contrastive, permettant d’appréhender à la fois les invariants, les évolutions et les variations socio-discursives des modes d’expression de la subjectivité.

Cette approche entend contribuer à une meilleure compréhension du rôle fondamental de l’énonciateur-trice dans tout acte de communication, en insistant sur le caractère situé, affectif et interactionnel de tout acte énonciatif, comme dans le cas de l’humour par exemple.