Dans la même rubrique
Accueil :
- Langues,
- Recherche,
Des données empiriques à l’objet d’étude : la constitution d’un corpus de démodialectologie (français populaire d’Abidjan)
Mariette Meunier-Crespo
Publication d’une thèse soutenue en 1991. Prix de thèse de l’Université Lyon III. Ouvrage honoré d’une subvention du legs Meillet (Collège de France).
Mariette Meunier-Crespo / Des données empiriques à l'objet d'étude : la constitution d'un corpus de démodialectologie (français populaire d'Abidjan) / Lyon : Université Lyon III Jean Moulin, 1994 / ISBN 2-908794-05-5 / 2 volumes (540, 280 pages)
- Présentation
-
Le français écrit est un objet culturel entouré d’une grande dévotion qui tend à le conserver dans ses fortifications grammaticales et lexicales. En revanche, le français parlé ordinaire, qui participe des variétés régionales, des argots, des sociolectes et des technolectes est ressenti comme l’exemple à ne pas suivre. Dans le meilleur des cas, on le trouve vert, régional, argotique, branché, pittoresque en somme. Dans le pire, on l’accuse de menacer la langue de dégénérescence.
Ce sentiment passionnel envers la langue conduit à l’amalgame des deux espèces sous lesquelles se présente toute langue de grande communication : d’une part les systèmes complexifiés de la langue standard et de la langue littéraire, d’autre part la langue réellement parlée, d’essence dialectale, multiforme et régie par des lois spécifiques.
Étudier une variété dialectale du français comme le français populaire d’Abidjan (FPA) suppose en premier lieu un examen attentif des termes qui le désignent.
La dénomination de français populaire n’est qu’un pis aller, consacré par l’usage. Nous avons vite constaté que ce parler ne relève pas des catégories de patois, sabir, créole ou pidgin. Les catégories de « français zéro » ou « variété véhiculaire » proposées par les créolistes nous semblent plus adéquates.
Le FPA nous est apparu comme le parler commun aux ivoiriens et à tous les migrants africains qui se retrouvent dans le creuset linguistique qu’est Abidjan. Nous avons choisi de le dénommer à titre provisoire : « démodialecte », terme qui présente l’avantage de laisser ouvert le champ de la recherche.
C’est dans les démodialectes que se manifestent les lois fondamentales du français, avec leurs flottements, écarts ou fautes, comme il plaira de les appeler, selon le point de vue que l’on adopte. On y voit les propositions de langue, signes de tensions et parfois de failles dans le bricolage diasystématique de tout parler actuel. Nous avons étudié le système verbal du FPA sur corpus enregistré et intégralement transcrit et montré le « jeu » que peut se permettre une langue pour atteindre son objectif premier : l’intercompréhension. - Table des matières
-
==== TOME 1 ====
INTRODUCTION
— p. 9CHAPITRE I : LE PREMIER PARADOXE DE L’OBSERVATEUR
— p. 18
LE POINT DE VUE QUI CRÉE L’OBJET DÉMODIALECTE1 — Trois critères d’identification des démodialectes
- La modalité d’acquisition — p. 23
- La variété et le registre de langue — p. 26
2 — Approche comparative
- Les dialectes traditionnels — p. 29
- Les français régionaux — p. 34
- Les sociolectes — p. 39
- Les chronolectes — p. 48
3 — Quelle langue parlée ?
— p. 52- L’objet langue parlée ne va pas sans dire — p. 54
- Hétérogénéité et variabilité de la langue parlée — p. 59
- Le diasystème et la dialectalité de la langue parlée — p. 69
4 — Un démodialecte surprenant : le français populaire d’Abidjan
— p. 73- Un contexte original — p. 77
- Le français des élites et le français des « lettrés » — p. 83
- Un démodialecte difficile à cerner — p. 85
- Le problème du substrat — p. 91
Notes et documents annexes
— p. 101CHAPITRE II : LE DEUXIÈME PARADOXE DE L’OBSERVATEUR
— p. 131
LES MÉTHODES D’ENQUÊTE RÉDUISENT L’HÉTÉROGÉNÉITÉ DE LA LANGUE PARLÉE1 — Le recueil des données
— p. 138- Corpus ou questionnaire ? — p. 140
- Les types de productions — p. 161
- L’échantillonnage — p. 177
2 — Le foisonnement du réel
— p. 184- Profil d’une communauté de locuteurs — p. 185
- Nos locuteurs — p. 196
Notes et documents annexes
— p. 202CHAPITRE III : LE TROISIÈME PARADOXE DE L’OBSERVATEUR
— p. 225
LA TRANSCRIPTION RÉDUIT LA VARIABILITÉ DE LA LANGUE PARLÉE1 — Transcription phonétique ou transcription phonologique ?
- Phonème, allophone, diaphone — p. 230
- La variabilité phonologique du français dit « central » — p. 242
2 — Labilité généralisée des allophones dans le corpus
— p. 2613 — Conséquences sur la morphologie
- Morphèmes, allomorphes, mots — p. 281
- La notion de diamorphe — p. 290
Notes et annexes
— p. 306CHAPITRE IV
LA MORPHOLOGIE DU SYSTÈME VERBAL DANS LE CORPUS [DE FRANÇAIS POPULAIRE D’ABIDJAN]1 — Le classement
- La présentation matérielle — p. 326
- Un classement fondé sur les fréquences — p. 339
- Une absence remarquée : l’imparfait — p. 342
- Et les verbes du deuxième groupe ? — p. 344
- Passé composé ou aspect ? — p. 347
- Un classement hybride — p. 349
2 — La mesure
— p. 354Section 1 — Présent, premier groupe
- Les fréquences minoritaires — p. 357
- Les fréquences majoritaires — p. 371
Section 2 — Présent, troisième groupe
- Les fréquences minoritaires — p. 375
- Les fréquences majoritaires — p. 382
Section 3 — Avoir (présent, passé)
- Les fréquences minoritaires — p. 385
- Les fréquences majoritaires — p. 391
Section 4 — Avoir, formes impersonnelles
- Les fréquences minoritaires — p. 393
- Les fréquences majoritaires — p. 395
Section 5 — Être (présent, passé)
- Les fréquences minoritaires — p. 397
- Les fréquences majoritaires — p. 406
Section 6 — Être, formes impersonnelles
- Les fréquences minoritaires — p. 408
- Les fréquences majoritaires — p. 412
Section 7 — Passé composé, premier groupe
- Les fréquences minoritaires — p. 419
- Les fréquences majoritaires — p. 423
Section 8 — Passé composé, troisième groupe
- Les fréquences minoritaires — p. 426
- Les fréquences majoritaires — p. 429
Section 9 — Futur périphrastique
- Les fréquences minoritaires — p. 431
- Les fréquences majoritaires — p. 437
Section 10 — Ifo, naka
- Les fréquences minoritaires — p. 440
- Les fréquences majoritaires — p. 444
Section 11 — Infinitif
- Les fréquences minoritaires — p. 448
- Les fréquences majoritaires — p. 449
Section 12 — Impératif, participe passé, participe présent
— p. 451Tableau récapitulatif des indices de dialectalisation et de diamorphisme
— p. 455Notes
— p. 460CONCLUSION
— p. 520INDEX DES AUTEURS CITÉS
— p. 529==== TOME 2 ====
CHAPITRE V
— p. 3
LE CORPUS DE FRANÇAIS POPULAIRE D’ABIDJANLes locuteurs burkinabés
- Albert (25 min) — p. 6
- Amadou (40 min) — p. 17
- Boukari 1 (35 min) — p. 33
- Boukari 2 (35 min) — p. 52
- Karim (60 min) — p. 71
- Martin (1 h 35 min) — p. 99
- Paul (35 min) — p. 133
- Zondi (15 min) — p. 144
Les locuteurs ivoiriens
- Jean-Marie (2 h 45 min) — p. 152
- Robert (1 h 35 min) — p. 220
Enregistrements radiophoniques
— p. 254- Chauffeurs de taxi (30 min) — p. 256
- Cordonniers (30 min) — p. 268
