• Manifestations scientifiques,
  • Recherche,

[CEL] Séminaire du domaine 1 | Le langage clair

Evènement | 8 décembre 2026
9 h – 12 h

« Le langage clair » : telle est la thématique de ce séminaire organisé par le Centre d’Études Linguistiques - Corpus, Discours et Sociétés (CEL) dans le cadre de son domaine 1 de recherche « Constructions linguistiques et représentations : continuités, fractures et adaptations ».

Séminaire ''Le langage clair'' avec María Ángeles García Asensio - illustration
Le prochain séminaire du domaine 1 du CEL (Constructions linguistiques et représentations : continuités, fractures et adaptations) portera sur le langage clair et comportera 3 conférences :
  • Comprendre pour exercer ses droits : l’introduction du langage clair dans l’Administration et la Justice espagnoles

    María Ángeles García Asensio, professeure des université (EDAP – université de Barcelone)
     
  • Confronter les règles du plain langage à la pratique : enquête auprès de deux services de vulgarisation dans le milieu de la justice canadienne

    Manon Bouyé, maîtresse de conférences (CEL – université Jean Moulin Lyon 3)
     
  • Un chemin de traverse de la grammaticalisation : le cas de Dios mediante (si Dieu le veut) en espagnol

    Félix Le Guen (CEL – université Jean Moulin Lyon 3)

⁂

 
María Ángeles García Asensio    

Comprendre pour exercer ses droits : l’introduction du langage clair dans l’Administration et la Justice espagnoles


Mots-clés : droit à comprendre ; langage clair ; discours juridique ; discours fiscal ; pouvoir judiciaire ; administrations publiques.

Au cours des deux dernières décennies, les administrations publiques espagnoles et le Pouvoir Judiciaire ont progressivement intégré les principes du langage clair (plain language) dans leurs communications, en réponse à une demande croissante de transparence et d’accès à l’information, ainsi qu’à la revendication citoyenne du droit à comprendre. Dans ce contexte, cette conférence a pour objectif de proposer une vue d’ensemble de l’évolution de ce processus en Espagne, qui transforme actuellement la culture communicationnelle des institutions publiques.
À travers un parcours chronologique, nous présenterons tout d’abord les principales étapes ayant marqué l’introduction du langage clair dans les domaines judiciaire et administratif espagnols : des premiers analyses concernant la complexité du langage juridique et des recommandations formulées par les institutions pour le simplifier, à l’élaboration de guides et de programmes de formation en langage clair promus par le Ministère de la Justice, le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire et diverses administrations publiques. Nous examinerons également les avancées législatives réalisées, les difficultés rencontrées, les acquis obtenus ainsi que les défis que pose encore la consolidation d’une nouvelle culture communicationnelle orientée vers la compréhension par les citoyens.

La seconde partie de la conférence portera sur la contribution du groupe de recherche EDAP (Études du discours académique et professionnel) de l’Université de Barcelone, en tant qu’acteur du transfert de connaissances entre l’université et les institutions publiques, et comme promoteur du tournant communicationnel des administrations publiques et du pouvoir judiciaire. Nous montrerons comment la recherche linguistique a servi de fondement au développement de méthodologies, de recommandations et d’outils destinés à améliorer la qualité linguistique et communicationnelle des textes juridiques. Une attention particulière sera accordée aux actions menées dans le domaine fiscal, où la collaboration entre chercheurs et administrations a permis de promouvoir des initiatives pionnières de simplification et de clarification de la communication fiscale.

L’expérience espagnole met en évidence le rôle que la linguistique appliquée peut jouer dans les processus d’innovation institutionnelle et montre comment le langage clair est devenu un outil stratégique pour renforcer la confiance des citoyens, faciliter l’exercice de leurs droits et améliorer l’efficacité de l’action publique.
 
Références bibliographiques
  • Da Cunha, I. (2020). El discurso del ámbito de la Administración: una perspectiva lingüística. Comares.
  • Forment, M. (Dir. & Coord.) (2024). Comunicación clara. Un campo emergente en investigación y transferencia en el mundo hispánico. Archiletras Científica [Lingüística]. Revista de investigación de lengua y letras (ACRILL), XII, 1-193.
  • Franganillo, J., & García-Asensio, M. Á. (2024). La claridad como derecho: la aportación de la norma ISO 24495-1 hacia el lenguaje claro. Anuario ThinkEPI, 18.
  • Montolío, E. (Dir.) (2024). Comunicación tributaria clara. Una aproximación disciplinar. Aranzadi.
  • Montolío, E., & y Bayés-GIL, M. (2024). El estado de la cuestión de la comunicación clara en castellano en España en el ámbito jurídico y administrativo. Revista de Llengua i Dret, 82, 104-119.
Biodata
email : garciaasensio@ub.edu

María Ángeles García Asensio est docteure en langue espagnole, professeure des universités à l’université de Barcelone, et chercheuse au sein du groupe EDAP (Études du discours académique et professionnel), ainsi que de la chaire Université de Barcelone–Conseil de la province de Barcelone sur la communication claire appliquée aux administrations publiques.

Ses principaux domaines de recherche portent sur l’analyse et la caractérisation du discours académique et du discours professionnel, notamment du discours juridico-administratif espagnol, avec un intérêt particulier pour les mécanismes linguistiques de la communication persuasive ainsi que pour les stratégies de clarification et d’optimisation des discours spécialisés.

Spécialiste du langage clair, elle est coautrice du guide Communication claire : guide pratique de la mairie de Madrid, du Guide de rédaction judiciaire claire du Ministère de la Justice espagnol, et de la récente publication Communication fiscale claire : une approche interdisciplinaire.
    Manon Bouyé    

Confronter les règles du plain langage à la pratique : enquête auprès de deux services de vulgarisation dans le milieu de la justice canadienne


La vulgarisation du droit est essentielle pour permettre aux justiciables d’avoir accès à leurs droits. Or, le discours juridique, qu’il s’agisse de textes législatifs (lois, décrets) ou jurisprudentiels (arrêts), est depuis longtemps critiqué pour son utilisation d’un jargon obscur et sa syntaxe alambiquée, peu compréhensible pour un public non initié (Williams 2022 : 1). Ces difficultés ont mené au Plain Language Movement, mouvement réclamant l’utilisation d’une langue claire et simple, dans le milieu juridique notamment. Particulièrement bien implanté dans les pays anglo-saxons, le plain langage jouit d’un statut officiel dans plusieurs pays, où les institutions juridiques préconisent sont utilisation pour la rédaction de textes juridiques spécialisés, mais aussi en particulier dans la communication entre expert·es et non-expert·es du droit (Petelin 2010).
 
Le plain langage repose sur une série de recommandations plutôt que des règles linguistiques strictes, contrairement à certaines langues contrôlées comme le Basic English (Bouyé & Gledhill 2024). Ces recommandations incluent : éviter la voix passive, ne pas utiliser de termes rares ou spécialisés, éviter les nominalisations, utiliser des phrases courtes, et s’adresser au lectorat directement en utilisant le pronom « vous » (Williams 2004).

L’objectif de cette présentation est de mettre en regard les recommandations linguistiques du plain language avec les pratiques réelles des institutions qui vulgarisent en contexte canadien. Le PL est en effet utilisé dans les institutions juridiques au Canada, dans le cadre de la politique de bilinguisme.
 
Cette étude présente des analyses de textes vulgarisés, en anglais et en français, complétées et confrontées aux entretiens semi-guidés réalisés auprès de sept professionnelles de la vulgarisation du droit lors d’un terrain effectué en décembre 2025. Les trois premiers entretiens ont eu lieu à la Cour Suprême du Canada (Ottawa), qui produit des versions simplifiées des arrêts, appelées Causes en Bref. Les quatre suivants ont été effectués auprès de vulgarisateur·ices juridique de l’organisme Educaloi, à Montréal. Les entretiens permettent d’éclairer les pratiques qui guident la communication claire, et d’expliquer pourquoi les recommandations ne sont pas appliquées à la lettre.
 
Références et bibliographie sélective sur le "plain language"
  • Bouyé, M., & Gledhill, C. (2024). The phraseology of legal French and legal popularisation in France and Canada: A corpus-assisted analysis. Languages, 9(3), 107.
  • Bouyé, M., & Guillerit, M. (2026). Improving the Comprehension of Judicial Argumentation Using Generative AI: Comparing Two Versions of ChatGPT’s Performance on Written and Oral Supreme Court Genres. International Journal for the Semiotics of Law-Revue internationale de Sémiotique juridique, 1-29.
  • Cutts, M. (2009). Oxford guide to plain English. Oxford university press.
  • Gledhill, C., Martikainen, H., Mestivier, A., & Zimina-Poirot, M. (2019). Towards a linguistic definition of ‘simplified medical English’: Applying textometric analysis to cochrane medical abstracts and their plain language versions. LCM-La Collana/The Series, 91-114.
  • Petelin, R. (2010). Considering plain language: issues and initiatives. Corporate Communications: An International Journal, 15(2), 205-216.
  • Tiersma, P. M. (2026). 13. Plain English. In Legal Language (pp. 211-230). University of Chicago Press.
  • Williams, C. (2022). The impact of plain language on legal English in the United Kingdom. Taylor & Francis.
Éléments de biographie

Manon Bouyé est maîtresse de conférences en anglais de spécialité à l'université Jean Moulin Lyon 3. Ses travaux en linguistique de corpus au Centre d'Études Linguistiques – Corpus, Discours et Société portent sur la vulgarisation du discours juridique auprès de publics non spécialistes. Elle travaille sur le plain langage en droit depuis 2017, et plus récemment s’est intéressées aux discours numériques comme moyen de diffuser le droit dans les domaines environnementaux et des violences liées au genre.

    Félix Le Guen

Un chemin de traverse de la grammaticalisation : le cas de Dios mediante (si Dieu le veut) en espagnol

 

À partir des données recueillies sur la grammaticalisation de mediante (grâce à) comme préposition, je propose d'étudier la trajectoire de la locution Dios mediante et de discuter sa catégorisation. En m'appuyant sur 3 246 occurrences de la forme mediante et en comparant la structure Dios mediante à d'autres similaires comme mediante Dios ou mediante + [intervention divine], j'établirai des facteurs possibles pour expliquer la grammaticalisation de cette forme. Enfin, j'interrogerai sa catégorisation comme locution adverbiale désidérative ou marqueur discursif de modalité épistémique, ce qui implique deux stades différents dans sa trajectoire de grammaticalisation.

 

INFOS PRATIQUES

Lieu(x)

Campus des Quais

Salle à préciser
 
Contact

Pr. Jose Carlos De Hoyos Puente

jose.dehoyos@univ-lyon3.fr

Type

Colloque / Séminaire, Conférence

Thématique

Manifestations scientifiques, Recherche