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Perspective fonctionnelle en linguistique comparée des langues bantu : correspondance phonologique, lexicale et morphosyntaxique entre le kinyarwanda et le kiswahili
Fidèle Mpiranya
Texte remanié d’une thèse de doctorat soutenue à Lyon 3 en 1996.
Fidèle Mpiranya / Perspective fonctionnelle en linguistique comparée des langues bantu / Lyon : Université Jean Moulin Lyon 3, 1998 (Centre d’études linguistiques Jacques Goudet. Série « langues africaines » ; 1) / ISBN 2-908794-11-X / xv-357 pages
Les objectifs du travail
(Premiers mots de l'introduction)Ce travail vise une présentation systématique des correspondances phonologique, lexicale et morphosyntaxique existant entre deux langues bantu, le kinyarwanda et le kiswahili. Ces correspondances seront abordées dans une perspective fonctionnelle, en des termes suffisamment affinés pour être transposables à d'autres langues bantu.
Sur le plan pratique, cette étude conduira à une meilleure compréhension du kiswahili et du kinyarwanda, les deux langues s'éclairant l'une l'autre. Par ailleurs, la mise en évidence des faits de ressemblance et de dissemblance pourra contribuer à une amélioration de la didactique du kiswahili au Rwanda.
Résumé de la thèse
Notre étude est centrée sur le kinyarwanda et le kiswahili, deux langues de référence à partir desquelles nous faisons des extrapolations au niveau du bantu en général. Ainsi, nous établissons les règles de correspondance entre le Bantu Commun et chacune des deux langues, et un rapprochement contrastif entre les deux langues. La motivation du changement est recherchée non seulement dans le contact entre les sons et leur positionnement, mais aussi dans la réorganisation des sous-systèmes phonologiques. En morphosyntaxe, nous cherchons d'abord les fonctions, avant de comparer les formes. Concernant les mécanismmes généraux d'évolution, ce travail a permis d'identifier un phénomène d'innovation compensatoire. En phonologie, celle-ci concrne la spirantisation des occlusives dans l'environnement des voyelles du premier degré d'aperture /i/ et /u/. Ainsi, dans certaines langues bantu, il y eu derive de la voyelle /e/ dans le champ de /i/ et de /o/ dans celui de /u/. Ainsi la spirantisation des consonnes avoisinantes est intervenue pour prévenir la confusion phonologique. Sur le plan phonétique, il y eu d'abord la palatalisation devant /i/ et de labialisation devant /u/, suivies éventuellement de phénomènes d'africation, d'assimilation et de désafrication. En morphosyntaxe verbale, l'innovation compensatoire concerne l'introduction d'un segment d'appoint -ra- ou l'allongement du formatif temporel -a- pour éviter la confusion tonale entre paradigmes voisins. Ce travail a illustré d'autres principes généraux d'évolution, comme la grammaticalisation des fonctions verbales par l'incorporation d'items lexicaux, ou encore l'analogie, les mécanismes de dissimilation / assimilation et la lénition des occlusives en position intervocalique.Référence
Fidèle Mpiranya / Perspective fonctionnelle en linguistique comparée des langues bantu : correspondance phonologique, lexicale et morphosyntaxique entre le kinyarwanda et le kiswahili / Lyon : Université Jean Moulin Lyon 3, 1998 (Centre d’études linguistiques Jacques Goudet. Série « langues africaines » ; 1) / ISBN 2-908794-11-X / xv-357 pagesTable des matières détaillée
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